Les infréquentables, comment les neutraliser ?

La politique dans notre pays suscite, de plus en plus, le dégoût auprès d'une frange croissante de nos concitoyens, ceci est du à la prolifération des combines contraires à toute éthique que beaucoup d'élus n'hésitent pas à pratiquer durant leurs mandats. Par protestation et rejet d'une politique qui ne connait pas de limite dans les malversations, le déclin de l'engagement politique, surtout auprès des jeunes ne cesse de croitre. Cela va de la croissance continue de l'abstention et du vote blanc durant le vote à la fuite de l'engagement citoyen dans le cadre des partis politiques. Cependant est-ce la voie à suivre pour récuser de telles pratiques malhonnêtes?

« Ils sont tous les mêmes ! », « Ils sont tous pourris ! », « cela me dégoute ! » C’est par ces réflexions que beaucoup de nos concitoyens répondent à toute invitation à la participation à la politique de notre pays. L’odeur âcre des scandales à répétitions qui secouent régulièrement notre système politique est très palpable dans de tels propos. A peine que l’un de ceux-ci commence à rentrer dans l’oubli qu’un autre, parfois plus important, éclate au grand jour et parfois plus compromettant. A l’évidence, nos politiciens de carrière ne se retrouvent jamais trop loin. De l’affaire Agusta durant les années nonante à Publifin ou au Samu social en 2017, en passant par le non paiement des impôts, durant 20 années, sous prétexte d’oubli de déclarer les revenus, les Affaires de Charleroi, le KazakhGate, le LuxLeaks, les Panama Papers, les travailleurs fictifs et bien d’autres dont la plus récente connue par les « Paradise papers », pratiquement toutes les formations politiques s’étant succédées durant des dizaines d’années au sommet de l’Etat, y trouvent les traces de leur passage.

Le facteur commun à toutes ces malversations est l’absence de discernement des esprits mal intentionnés de nos élus ainsi que la confusion qu’ils se font dans leurs têtes, entre les biens publics et les biens privés.

Afin de dissimuler les réalités, calmer les colères et les protestations des citoyens et se présenter comme étant clean et irréprochables aux yeux de leurs électeurs, nos politiciens ne tombent jamais à cours d’imagination et ne reculent devant aucune initiative aussi vile soit-elle. L’activation de l’une ou l’autre des techniques dont l’efficacité a été mise à l’épreuve par leurs utilisations antérieures, est toujours à la portée de main.

Le dénigrement de l’autre devient l’un des outils les plus prisés pour se mettre en valeur. Les différents partis se rejetant mutuellement l’insulte d’être infréquentables, faisant par là un brouhaha inutile, n’arrivent plus à convaincre grand monde. Ceci ne les empêche, d’ailleurs, pas à continuer à se faire des affaires ensemble et à se faire mutuellement confiance les uns les autres. Dans le même ordre d’idée, le recours à la division de la société en communautés duelles, de bons et de mauvais, de travailleurs et de fainéants, de gentils et de suspects permanents où certaines parmi elles se retrouvent systématiquement stigmatisées et mises au banc des accusées, devient d’une banalité inquiétante.

L’engagement de débats stériles autour de valeurs fictives (la laïcité, par exemple) permettant la division de la population en sectes et factions rivales qui s’opposent les unes aux autres et la création de tensions artificielles entre les citoyens, est une autre technique du détournement des regards des vrais problèmes de la société tels la délocalisation inquiétante des entreprises avec comme corollaire la perte de l’emploi et la baisse du niveau de vie de nos citoyens, la fragilité de notre économie basée essentiellement sur les taxes sans fin ou la dégradation continue du niveau de notre système scolaire, vers des problèmes fictifs, artificiels ou de moindre valeur.

Ceci me rappelle cette conférence décevante à laquelle j’avais assisté dans l’espoir de tirer profit des réflexions que j’attendais enrichissantes sur le thème de la multiculturalité. A mon grand désespoir, je me retrouve face à un conférencier qui confond multiculturalité et monoculturalité. Au lieu de mettre l’accent sur la richesse et le foisonnement des idées résultant de la mise en commun de cultures variées, l’orateur, un ministre actuel, n’a fait que vider cette notion, Ô combien noble à son origine, de tout son sens et l’a réduite à une sorte d’assimilation et de privation de liberté et de droits à l’encontre de tous ceux qui sont d’une culture inférieure, à ses yeux, à la sienne. Parmi un public déjà acquis à de telles thèses exclusionnistes, les rares opposants à une telle vision des choses, quelque peu réduite et rétrograde, n’ont pu essuyer que raillerie et mépris.

Malgré le désaveu très large ressenti par une grande partie de la population à l’égard d’une classe politique affairiste et incompétente ayant mené le pays au bord de la faillite et de la désintégration, celle-ci continue à détenir les reines du pays. Election après élection, on prend les mêmes et on recommence. Dès lors, ne pourrions-nous pas parler, d’une certaine manière, de complicité de la part des électeurs, eux-mêmes ? C’est bien beau de traiter les autres de tous les maux et en même temps ne pas prendre ses responsabilités comme il se doit. Si nombreux de nos élus sont pourris ou incompétents, comme le prétendent beaucoup parmi nos concitoyens, c’est parce que les autres (les honnêtes et les compétents) ont déserté et laissé le champ libre à tous les prédateurs.

Dès lors, fuir la politique est tout simplement irresponsable. L’expression du dégout des citoyens à l’égard des pratiques malhonnêtes qui deviennent, hélas, familières et banales chez beaucoup de nos élus pour ne pas généraliser, ne devrait en aucun cas passer par un esprit négatif, à savoir l’abstention ou le vote blanc. Au contraire, c’est le chemin inverse, celui de l’engagement en faveur du changement et du rejet des corrompus dans la poubelle de l’histoire, qui pourrait prouver une véritable désapprobation de la politique de corruption. Confier la gestion des ressources du pays à des voleurs ou l’avenir de notre jeunesse à des gens qui vivent encore au Moyen-âge, au temps de la féodalité où tous les travailleurs sont des sujets du Seigneur et doivent adopter la même religion et les mêmes idées, ne pourrait-il pas être vu comme un consentement voire comme une participation au désastre qui en résulterait ?

Dans un pays comme le notre où voter est plus qu’un droit, une obligation, comment pourrons-nous expliquer l’augmentation de l’abstention et du vote blanc, année après année ? Selon, certains rapports, lors des élections de 2006, le taux d’abstention et de votes blancs avait atteint les 7%. Celui-ci passe à 10,8% en 2010 pour en arriver à 15,7% en 2014. Combien en sera-t-il aux prochains scrutins ? L’avenir nous le dira. Néanmoins, c’est maintenant que nous devrions réagir et convaincre la masse que l’opportunisme et l’affairisme au sein de la politique ne sont nullement une fatalité, de même que loin d’être des composantes inséparables. Ce désengagement à l’égard de la politique est fortement lié au niveau du sens de responsabilité des administrés, comme en atteste la parole : « Tels que vous êtes, tels que vous serez gouvernés ! ». C’est votre engagement en faveur du changement qui en sera décisif.

Beaucoup d’idées négatives ont été inculquées à notre jeunesse principalement. En plus de l’immoralité et du clientélisme qui la caractérisent et qui lui ont donné la mauvaise image que nous connaissons, la politique de ces dernières décennies s’est construite une muraille d’obstacles qu’elle se voulait infranchissable afin de protéger ses intérêts aux dépends des valeurs humaines et sociétales.

Nombreux parmi nos jeunes, intellectuels ou non, détenant parfois les diplômes les plus élevés , se déclarent incompétents à s’engager en politique. En vérité, ils ont été dissuadés par le comportement irresponsable de leurs ainés ou de leurs prédécesseurs et on leur a enlevé toute motivation à un pareil engagement en leur inculquant que la politique est réservée à une certaine élite ou à une certaine aristocratie qui se la transmet de père en fils. Des supermans et des superwomans qui détiennent les compétences dans tous les domaines et qui font le tour de tous les ministères contrastent en quelques sortes avec le reste de la population qui n’en détiendrait aucune. Ceci est en réalité de la pure fiction. Chaque homme et chaque femme détiennent des compétences spécifiques lesquelles en les mettant ensemble produiraient des miracles. Il est important d’abandonner ce manque de confiance en soi, de s’armer de courage et de valoriser les compétences dont chacun parmi nous détient, parfois sans le savoir.

Par l’engagement concret, l’individu arrive à mettre en lumière des compétences cachées dont il n’avait jamais soupçonné l’existence auparavant, fait bénéficier la société de leurs bienfaits et arrive à les développer davantage dans le cadre d’une collaboration avec d’autres.

Enfin, le boycott du domaine politique ne pourrait en aucun cas constituer une protestation contre les pratiques immorales des élus, mais plutôt une aide gratuite et sans effort qui leur est fournie leur permettant de se maintenir à leurs postes et à leurs affaires. Autrement dit, tant l’abstention ou le vote blanc lors des élections que le manque d’engagement sérieux au sein d’une formation politique non impliquée dans les fraudes et les détournements de fonds et dont on agrée les valeurs, constituent une fuite de responsabilité tant à l’égard de soi qu’à l’égard de la société.

Quant au Mouvement Pour l’Education (MPE), parmi ses priorités, il cherche à revaloriser la politique aux yeux des citoyens et à la débarrasser de l’image terne qui lui a été collée, à travers les décennies écoulées:

      1. En la dotant de plus de valeurs morales et de sens de responsabilité à l’égard de la société;
      2. En impliquant plus de couches sociales et particulièrement les jeunes ;
      3. En supprimant les causes de carriérisme, notamment par la limitation des mandats successifs ;
      4. En refusant le cumul des mandats, surtout rémunérés ;
      5. En limitant les avantages en nature des élus tels les salaires démesurés ou les parachutes dorés.
      6. En vulgarisant la politique auprès des jeunes par des formations, des reportages ou autres.

Enfin, pour avoir un aperçu du programme du MPE pour les communales de 2018, n’hésitez pas à consulter notre dépliant, en cliquant sur l'image ci-dessus.

Convaincu(e) par les valeurs et les principes du MPE, n’hésitez pas à prendre contact avec nous et vous serez accueilli(e) avec toute la dignité qu’il se doit.

Apportez votre soutien au Mouvement Pour l’Education (MPE), par votre adhésion ou en lui faisant un don! Et acheminez-vous ensemble vers les communales de 2018 !