Les adieux de 2010 et l'accueil de 2011.
Publié le: 28-12-2010  
L’année 2010 fait ses adieux et 2011 s'apprête à faire son investiture. Quels souvenirs et quels enseignements détenons-nous de l’année écoulée ? Une année d’épreuves par excellence, à tous les niveaux.

Le fait le plus marquant est, sans doute, la vacance de pouvoir de notre pays ; la Belgique en panne de pouvoir. Plus de six mois après les élections du 13 juin 2010 et nos politiciens continuent à patauger dans un étang dont ils n’aperçoivent pas encore le rivage. En position de force, la NVA, le parti vainqueur du scrutin souffle le chaud et le froid selon l’humeur du jour. Elle n’hésite pas à claquer la porte au nez de toute la classe politique francophone puis à retourner d’une autre porte laissée entr’ouverte pour cette éventualité, tout en ayant l’assurance que de toute façon, rien ne pourrait se faire sans elle.

Le blocage est total. Toutes les formes et toutes les ingéniosités pour tenter de réanimer ce pays agonisant depuis des années sans qu’aucune assistance ne lui ait été apportée, ont échoué. De l’Informateur, au Préformateur, au Groupe de haut niveau, aux Médiateurs, au Clarificateur, au Conciliateur, rien n’a pu dénouer la crise, tellement le mal est profond. Les personnalités impliquées dans les négociations ne font que répéter leur pessimisme et ne cessent de déclarer que le fossé est en train de s’élargir plutôt que de rétrécir. La situation a pourri durant plusieurs années voire des décennies entières, depuis le carrousel de Fourrons des années quatre vingt jusqu’à la crise de BHV de 2007. Les confessions d’incompétence des politiques menées jusqu’ici commencent à délier les langues de ceux qui avaient accompagné le cheminement de la Belgique unie jusqu’à sa désintégration.



« Les wallons doivent prendre leur sort en main », c’est ce qu’ont déclaré plusieurs de nos responsables, je ne sais si c’était un excès de lucidité de leur part ou s’ils étaient dans un moment d’ébriété. Est-ce là une simple conscientisation des wallons à propos du danger flamand qui les guette, une autre forme de la politique sécuritaire menée par le président Bush, durant toute la durée de sa présidence ? Ou bien une reconnaissance à la communauté minoritaire du statut d’assistée dans lequel ils l’avaient menée?

Les multiples réformes constitutionnelles durant les décennies 70, 80 et 90, d’une manière maladroite, ne sont pas innocentes. La Constitution n’est plus cette charte taboue pour laquelle on exprime tout respect et toute réserve à y toucher. Malgré son caractère généralement éphémère, chaque législature se devait de donner son coup de pinceau pour perpétuer son passage à la rue de la Loi.

Ainsi, la Belgique est passée de l’Etat unitaire à l’Etat fédéral, avec ses différents niveaux de pouvoir. Avec sa dizaine de parlements, tous niveaux de pouvoir confondus et ses nombreux ministres et responsables de haut niveau, notre minuscule pays bat les records de postes de responsabilités ; ce qui a le mérite de pouvoir brouiller les pistes en cas de scandales. A qui incombe telle ou telle responsabilité ? A tous et à personne !

L’échec de la politique menée au sein de notre pays est manifeste. La communautarisation et la ghettoïsation ont le vent en poupe. Jamais les idées de l’Extrême droite n’avaient séduit autant d’électeurs que ces dernières années. Les partis, dits traditionnels, n’hésitent plus à chasser les électeurs dans le même étang que celle-là. On ne sait plus sur qui jeter la responsabilité. Le brouillage des pistes fait que personne n’est directement responsable. De toute façon, la crise qui a déjà battu ses records ne semble pas prête à émettre de la fumée blanche, avant plusieurs semaines selon les pronostics les plus optimistes.

Y a-t-il une solution ou une sortie de secours de cet imbroglio ? Les experts sont complètement déboussolés. Aucune issue ne parait à l’horizon, que des hypothèses et des analyses. Plusieurs scénarios pourraient voir le jour, durant la nouvelle année. Parmi les plus plausibles, citons les suivants :

  1. La scission de ce minuscule pays en deux micro-Etats qui rejoindraient tous deux la sphère du Tiers-Monde dans sa désorganisation et ses déboires économiques, sera la pire des solutions et n’entraînerait-elle pas toute l’Europe, par effet de dominos, à la désintégration ? Les économistes sont formels sur les conséquences désastreuses sur l’économie des 2 entités résultantes, du moins à court terme, avec un léger avantage pour le nord du pays.

  2. La mise en place d’un gouvernement sans le parti vainqueur, la NVA, théoriquement possible, ne recueillerait aucun crédit, ni auprès de la population ni auprès des investisseurs. En tout cas, les chrétiens flamands, alliés à la NVA, rendent cette possibilité illusoire.

  3. La continuation avec le gouvernement en affaires courantes actuel et le renforcement de ses pouvoirs, autrement dit le provisoire qui dure. Cet équilibre instable donnerait-il confiance aux investisseurs ? Rien n’est moins sûr.

  4. Le retour aux urnes après un scrutin qui aura complètement paralysé le pays, ne risquerait-il pas de donner le coup fatal, surtout que les sondages donnent les séparatistes encore en progression ? Entre juin 2010 et aujourd’hui y a-t-il eu une évolution des mentalités dans le sens du vivre ensemble ? Rien ne semble le prouver. Afn que cette option puisse réussir, une rééducation des mentalités à la tolérance, à la multiculturalité et à la solidarité paraît nécessaire et doit voir le jour, notamment, dans notre enseignement et notre système d’éducation. Les media doivent réorienter leurs priorités afin de privilégier l’entente entre les différentes composantes de la société et bannir les considérations communautaires et identitaires.


L’année 2010 a été l’année d’épreuves pour les minorités. Les rapatriements forcés des Roms, essentiellement par la France, avaient défié la chronique durant plusieurs mois. En Belgique, c’était la chasse au foulard qui s’était imposée durant cette année. Au moment où la crise de BHV battait son plein et menaçait le pays d’éclatement, les média n’ont cessé de détourner les regards vers un faux problème créé de toutes pièces, à savoir le danger que constituerait le port d’un morceau de tissu (le foulard) sur la tête. Au nom du débat pour la multiculturalité, certaines formations politiques avaient fait leur cheval de bataille la lutte pour l’exclusion de la vie politique et sociale des minorités pour leurs convictions religieuses. En entendant leurs slogans, on aurait pensé que ces débats étaient destinés à rapprocher les différentes cultures et à jeter des ponts d’entente entre elles permettant la consolidation du vivre ensemble malgré nos différences.



La mésentente entre les différentes communautés n’est sortie que renforcée. Sous le prétexte de la laïcité, des portes s’étaient fermées devant des citoyennes et des citoyens pour la simple raison de leurs convictions religieuses. L’effet boule de neige avait emporté des villes traditionnellement multiculturelles telles Anvers, Verviers et Charleroi à titre d’exemples. De la lutte contre l’islamisation prétendue de l’Europe au nom de laquelle un congrès international a réuni à Bruxelles ces dernières semaines, les militants d’Extrême droite de nombreux pays européens, à la dénonciation de la flamandisation de l’Armée belge, n’y a-t-il pas encore trop de communautarisme nuisible à la paix et au bonheur auxquels aspirent nos concitoyens belges, européens et terriens ?!

Cette année n’a pas été tendre non plus avec l’Eglise catholique qui s’est vue ébranlée par les scandales de pédophilie en son sein. Les amalgames sur cette affaire vont bon train et beaucoup n’hésitent plus à généraliser les crimes commis par certains à l’ensemble du clergé voire à la religion catholique elle-même. De tous temps et au sein de toute communauté, il y a eu des criminels. De là à stigmatiser toute une communauté et discréditer ses valeurs et ses principes, il y a un pas qu’il est dangereux de franchir.

Enfin, ce dernier mois de l’année avec son offensive de neige et la désorganisation opérée, essentiellement, dans les moyens de transport n’a laissé personne indifférent. Si, au début de l’offensive, toutes les autorités communales et provinciales se montraient euphoriques en déclarant être prêts à toutes les éventualités et avoir tiré les leçons de l’hiver précédent, il se fait qu’ils ont été, très vite, contrariés par la sévérité des intempéries exceptionnelles. L’épreuve a été dure pour les secteurs des transports, tant routiers qu’aériens ainsi que pour les commerçants dont les clients ne pouvaient plus se déplacer. Néanmoins, le malheur des uns fait le bonheur des autres et donc cet hiver précoce et rigoureux n’a pas fait que des malheureux. Les enfants s’étaient bien réjouis de jouer dans la neige durant plusieurs jours, surtout après la fin de leurs examens et les débuts des vacances. De même, les firmes spécialisées dans les sports d’hiver ont été comblées et ne pourraient que se rappeler de cette année 2010, comme une année de bonne récolte.



Finalement, chacun a eu sa part d’épreuves et presque personne n’a été épargné. Quels résultats ont recueilli les lauréats de ces examens, la réussite ou l’échec ? C’est ce que nous révèleront les jours, les semaines et les mois à venir.

Quant à ce que nous réserve la nouvelle année 2011, c’est à nous de nous comporter en acteurs de ses événements et non de les observer en spectateurs passifs ou les subir comme des objets inertes ! Mettons-nous ensembles et soyons les artisans de notre avenir commun en rejetant l’indifférence, l’immobilisme et la passivité ! Chacun de nous peut et doit apporter sa contribution afin de forcer l’avenir à être radieux pour nous et pour les générations futures. A nous de mettre à profit les enseignements prodigués par les épreuves de l’année écoulée et des précédentes afin d’en sortir vainqueurs. Prouvons par nos efforts soutenus et qui ne s’essoufflent pas avec le temps que les épreuves quelles qu’elles soient ne nous font que grandir et nous procurer plus d’enthousiasme et de ferveur dans notre lutte pour la paix, la justice et le bonheur de l’humanité.

Bonne et heureuse année 2011, à toutes et à tous !
Auteur : M. Guermit
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