Les voeux pour 2016
Publié le: 10-01-2016  
      A l’accueil de l’année 2015, nous l’avions espérée meilleure que celle qui venait de s’écouler. Les événements que nous avons pu suivre au quotidien nous révèlent, aujourd’hui, des résultats très décevants et loin de toutes les espérances. En effet, l’ampleur et la violence des malheurs qui s’étaient acharnés sur notre planète avaient propulsé cette année (2015) à rejoindre les périodes les plus sombres de l’histoire contemporaine. Que des guerres, des massacres d’innocents et des souffrances diverses ayant contraint des millions de malheureux à se jeter dans l’aventure, à défier les dangers et les caprices des mers et à forcer l’hostilité des frontières, solidement gardées, entre des pays forteresses, à la recherche de l’eldorado dont ils avaient tant entendu et parfois même rêvé. Disposer d’un refuge permettant d’être à l’abri des bombes, de la désolation et de la mort devient un luxe pour lequel tous les risques peuvent être entrepris.

      Si, des faits, d’une portée hautement symbolique, avaient pu émerger des ténèbres donnant quelques lueurs d’espoir, le contraste reste établi avec d’autres images de rejet et d’exclusion adoptés par pas mal de responsables. L’image positive de nos contrées, concrétisée essentiellement par l’élan d’humanisme et de solidarité en faveur des centaines de milliers de réfugiés qui avaient déferlé sur l’Europe, ne pourrait occulter le matérialisme dénué de toute moralité qui caractérise nos valeurs et qui reste la cause et le moteur de nombreux malheurs qui détruisent les richesses de notre planète et qui déshumanisent ses habitants.

      Au moment où nos politiques se targuent de démocratie, de la liberté d’expression et des droits de l’Homme et n’hésitent pas à donner les leçons en ces matières à d’autres, quelle avait été notre surprise de voir des dictateurs, responsables de coup d’Etat, de plusieurs milliers d’assassinats, d’arrestations arbitraires et de spoliation de terres, accueillis en grandes pompes dans les grandes capitales du monde libre, sans aucun état d’âme. Les intérêts matérialistes ont primé sur les valeurs humaines proclamées, ça et là, devant les caméras et dans les rencontres internationales.

      La perte de légitimité d’un tyran aux yeux de l’un ou de l’autre des grands dirigeants de ce monde peut facilement être rattrapée et rachetées par des services rendus à ces derniers ; ce qui fait, d’ailleurs, le jeu des dictateurs pour continuer à bénéficier de la complicité des pays « libres et démocratiques » dans l’oppression de leurs peuples. Quant aux victimes de ces transactions mesquines, elles continuent à grossir et à allonger les files et les rangs des populations affamées et des sans logis que la communauté internationale feint de soutenir en leur jetant quelques miettes très peu rassasiantes. L’intérêt de la supercherie est double. Primo, l’image de marque des « défenseurs des droits de l’Homme » reste rehaussée. Secundo, les intérêts économiques (ventes d’armes, d’équipements et de produits alimentaires) avec les dictatures ne sont pas compromis, voire même sont renforcés.

      Quant aux problèmes écologiques et aux dérèglements climatiques dont l’année 2015 a fait l’écho, ils ne sont que les résultats malheureux, mais logiques, des politiques affairistes qui sévissent au sein de notre planète. Si la plupart de nos concitoyens se réjouissent du climat printanier que nous connaissons en cette période de l’année, nul ne peut présager les conséquences qui pourraient en résulter. Attendrions-nous à un accroissement de maladies, à la détérioration des végétations ou à d’autres dégâts qui affecteraient la santé des animaux ou qui accentueraient l’appauvrissement des populations ?

      Le comportement de l’humain est souvent épinglé en cette matière de destruction de l’environnement, ce qui permet d’ailleurs aux dirigeants d’inventer chaque année de nouvelles taxes afin de renflouer leurs caisses sans cesse vidées par des dépenses inutiles. Cependant, il est rarement fait allusion aux millions de tonnes de bombes et d’explosifs que les grandes puissances injectent chaque année dans des guerres provoquées et entretenues afin de soutenir leur économie ou de satisfaire leur opinion publique acquise à l’anéantissement de l’autre. En plus de leur effet ravageur au niveau humain, leurs dommages sur la qualité de l’environnement surpassent, sans doute de loin, ceux provoqués par les voitures et les usines.

      Enfin, nous ne pouvons refermer cette rétrospective de l’année 2015, sans avoir une pensée à toutes les victimes d’injustices à travers le monde et particulièrement à ce peuple, reconnu par l’ONU même comme étant la minorité la plus opprimée dans le monde, à savoir les Rohingyas de Birmanie. Si le pays a connu, en cette année, ses premières élections « libres et démocratiques », avec la bénédiction de la communauté internationale et les félicitations des pays, notamment européens, ceci ne pourrait cacher le malheur que vit cette minorité opprimée depuis déjà plusieurs années.

      Quant à la « Prix Nobel de la Paix » Aung San Suu Kyi, combien chouchoutée par l’occident, elle n’ose même pas dire un mot pour condamner ce que beaucoup qualifient de génocide et, par suite, prendre ses distances avec cette atteinte flagrante aux droits de l’Homme dont fait l’objet ce peuple meurtri. Maintenant que son parti a gagné les élections et se trouve au pouvoir, oserions-nous espérer, pour cette année 2016, voir des changements en faveur du respect des droits humains et de l’octroi à cette minorité son droit à la vie et à l’existence, en tant qu’êtres humains d’abord, ensuite en tant que citoyens birmans bénéficiant de tous les droits de citoyens.
      Une brève analyse de la situation nous révèle une carence en matière d’éducation au sein de notre société moderne. Les valeurs morales et humaines sont en perte de vitesse et cèdent de plus en plus de terrain au matérialisme sauvage qui ne fait qu’asservir de plus en plus l’être humain.

      En ce début d’année 2016, il est plus qu’urgent d’œuvrer à humaniser tant la politique que les relations qu’entretiennent les personnes entre elles et entre les différentes composantes de la nature. Une rééducation aux valeurs d’égalité entre les individus, de respect de l’autre quel qu’il soit, et de vivre ensemble doit faire l’objet de tout programme sérieux d’une politique responsable, pour les années à venir.

      Que cette année 2016 soit celle du renouveau en matière d’éducation des esprits de telle façon à ce qu’une rupture avec la politique de rejet et de l’exclusion puisse enfin s’installer durablement !
Auteur : M. GUERMIT
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