Le foulard islamique au secours des communales
Publié le: 23-09-2012  

La barbarie dans la chasse aux voix


La date du 14 octobre avance à grands pas. Les listes, négociées depuis de longs mois, ont été officiellement arrêtées. Comme lors de chaque scrutin, les opportunismes de toutes sortes n’ont pas tardé à les marquer de leurs empreintes. Pour quelques semaines seulement, les politiques d’exclusion et de rejet menées par nos formations politiques à l’encontre de certaines catégories de notre population, cèdent leurs discours haineux aux grands sourires électoraux de bienvenue à tous, la chasse aux voix oblige.

Afin d’éviter les scènes de barbarie grave, auxquelles s’adonnent habituellement les candidates et candidats lors de leur quête du pouvoir, et dont les mutations sont nombreuses et changent d’un scrutin à un autre, le législateur a établi certaines balises ne pouvant être dépassées lors de la campagne électorale. Néanmoins, ces contraintes ne constituent nullement un frein aux différents dépassements de tous bords.

Chaque parti n’hésite plus à aller pêcher dans l’étang de l’autre même si ce celui-ci est bien connu de tout le monde ne faisant pas partie de la propriété qu’il squatte.


La réhabilitation des femmes voilées


Parmi les constats flagrants relevant de l’absence de valeurs de nos politiciens, et ce qui caractérise particulièrement le caractère ridicule de la campagne électorale actuelle, l’insertion de candidates voilées dans les listes de la plupart des partis politiques, y compris ceux qui traditionnellement menaient une campagne sans merci pour l’éradication de ce morceau de tissu et la mise sur les bancs des accusés de celles qui le portent.

Si, de prime abord, nous ne pourrions que nous féliciter de la réhabilitation, même pour des jours comptés, de ces victimes innocentes de la politique d’intolérance et de rejet que toutes nos formations politiques ont adoptée à des degrés divers, il est loin de pouvoir nous empêcher de nous interroger sur cette prise de ferveur soudaine à l’égard de celles qui, jusqu’à la veille de cette campagne électorale, étaient dépouillées de tout droit et considérées comme infréquentables.

De leur privation du droit aux études et leur éviction de la plupart des écoles du pays, avec 90 à 95% des écoles qui les considèrent comme persona non grata, à la fermeture du marché du travail à leur nez, en passant par les différentes sortes d’intimidations qu’elles rencontrent quotidiennement, dont ces partis soutenus par des media tendancieuses ont été les véritables moteurs, sans oublier les multiples projets de loi voulant leur interdire jusqu’à l’accès à la voie publique, les filles voilées sont devenues le gibier de tous les chasseurs de promotions et de pouvoir.


Une ouverture ou une duperie ?


Nul n’ignore aujourd’hui l’effet de l’image dans les différentes campagnes électorales quelles qu’elles soient. Celle-ci devient le principal media de propagande et à grande échelle.

Pourrions-nous croire à une ouverture d’esprit des prédateurs d’hier qui ont sillonné le pays de part en part afin de semer la haine à l’égard d’innocentes femmes qui ne cherchaient qu’à vivre selon leurs valeurs et leurs croyances ?

Rien ne laisse présager une telle ouverture. Leur politique continue à faire des victimes parmi ces innocentes. Malgré leur insertion dans leurs listes électorales, aucun responsable n’a exprimé une quelconque sympathie à leur égard ni un regret de les avoir, pour longtemps, marginalisées et dépossédées de leurs droits.

Pire encore, pour certaines candidates, des engagements ont été pris de retirer leurs voiles si elles sont élues ! Pour d’autres, de se cacher derrière les barrières et les stores ! Afin qu’elles ne soient pas vues par leurs électeurs.


Un peu de décence, s’il vous plaît !



Quels arguments pourriez-vous avancer aux citoyens qui ne pourraient comprendre votre volte-face et la recommandation de personnes que vous considérez comme inférieures aux autres, afin qu’elles soient élues ? N’y a-t-il pas un minimum de logique dans votre course au pouvoir ? Ou bien cette course occulte toutes les valeurs pour ne laisser subsister que « la fin justifie les moyens ».

Même si la convoitise des voix de la seconde communauté religieuse du pays est légitime, il est, néanmoins, judicieux de se conformer à certaines règles d’éthique qui empêcheraient tout dérapage possible et garderaient une certaine décence de la part du parti et de ses élus et responsables.

Comment comprendre la suppression, des listes de certaines communes, de certaines candidates pour cause du port du foulard alors qu’on acceptait d’autres dans d’autres communes ?

Enfin, qu’en est-il des candidates qui ont joué le jeu ? Croient-elles vraiment au bien fondé de leur action ? S’attendent-elles à pouvoir changer quelque chose à l’apartheid dressé contre les citoyennes ayant choisi une certaine manière de se vêtir ?




A vos responsabilités, messieurs et mesdames !


Finalement, quelle attitude adoptera l’électeur face à toutes ces magouilles ? Se laissera t-il prendre par ses émotions ou y aura-t-il une réflexion profonde pouvant le guider au meilleur choix ?

Malgré le caractère obligatoire du vote, dans notre pays, nous ne pouvons douter de la lourde responsabilité que ressent chaque électeur lorsque, seul dans l’isoloir, apporte son témoignage en faveur de l’une ou l’autre des formations politiques ou de l’un ou de l’autre des candidats.

Soyons tous responsables et portons au pouvoir ceux qui sont plus dignes et plus compétents !


Une lueur d’optimisme


Malgré le réalisme et l’objectivité que nous estimons avoir adoptés lors de la présente analyse, nous ne pourrions exclure la sincérité de ces formations politiques qui auraient pu se rendre compte de la stupidité de leur politique d’exclusion et de ghettoïsation et décidé de rompre avec une idéologie périmée qui avait failli faire voler en éclats notre chère petite Belgique.
Auteur : M. Guermit
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