A l'ombre des élections communales et provinciales
Publié le: 04-04-2012  
Dans pratiquement six mois, le peuple Belge sera appelé à voter afin de renouveler ses conseillers communaux et provinciaux.

Outre son caractère obligatoire par le Loi belge, le vote donne aux citoyens belges une opportunité que beaucoup d’autres à travers le monde luttent et sacrifient ce qui leur est cher pour obtenir, à savoir le pouvoir de choisir soi-même ses représentants, censés de veiller sur leurs intérêts (des citoyens) et défendre leurs droits (des citoyens).

La perte de crédibilité de nos politiques


Les multiples affaires de corruption qui ont pu échapper, ces dernières années, à l’anonymat dans lequel baigne généralement ce genre d’affaires, ont mis à jour l’abus de pouvoir dont font preuve, dans l’exercice de leurs fonctions, nombreux de nos « élus ». De la confusion entre leurs comptes bancaires propres et celui de l’institution qu’ils représentent, aux privilèges qu’ils s’accordent par lois et décrets, en passant par la confection de lois sur mesure permettant de marginaliser l’une ou l’autre des composantes de notre population. Le gâchis que ces « élus » ont provoqué dans notre vie est énorme et ne peut laisser personne indifférent. La récession que connaît l’Europe, ces jours-ci, et qui ne pourrait être que l’un des aspects ou l’une des conséquences de ce gâchis, a sans doute accentué le sentiment de trahison auprès des citoyens à l’égard de ceux qui les gouvernent. Comment le citoyen moyen pourrait-il rester indifférent alors qu’au moment où on lui serre la ceinture chaque jour d’un cran sous prétexte de la confection d’un budget équilibré, il voit d’autres profiter d’avantages incalculables ?

Si aujourd’hui toute la classe politique constate avec stupéfaction la baisse de l’intérêt des jeunes à la politique, ceci ne pourrait en aucun cas être un fait inattendu. En effet, il n’est plus inhabituel d’entendre des propos très durs à l’encontre des hommes et des femmes politiques, tels que : « ils sont tous corrompus ! Ils sont tous pourris ! » La déception du citoyen est grande de voir les différents partis politiques et les différentes figures qui se sont succédés aux différents postes de commande, parfois de père en fils (car il n’y a pas que Moubarak et Kadhafi qui avaient pensé à léguer, en héritage, leur pouvoir), durant des décennies et qui ont conduit le pays au précipice que nous connaissons, continuer à jouer de son avenir, causant dégradation sur dégradation du bien-être de tout un peuple.

Deux cents années de travail pour le salaire d’une seule


Dans un pays où le salaire moyen ne dépasse pas 30.000 euros par an, certains peuvent se permettre de toucher 6 à 7 millions, autrement dit, il faut plus de deux cents années de travail pour que le belge moyen gagne ce que ces privilégiés gagnent en une année. Cette défaillance ne pourrait qu’être un témoin de plus de la faillite du système incarné par les figures et partis politiques toujours au pouvoir.

La chasse aux milliards successifs engagée il y a déjà 4 mois par la nouvelle équipe au pouvoir, « sans toucher au pouvoir d’achat du citoyen », nous assure-t-on, un leurre que personne ne pourrait croire, va finir, peut-être d’une manière indirecte, par appauvrir la population et la mener à la débandade. Ne pas toucher au salaire des travailleurs mais augmenter le prix de l’énergie, les différentes taxes, ceci va-t-il vraiment préserver le pouvoir d’achat ?

La cadence des faillites des entreprises, depuis celle des fleurons du pays, à savoir la Sabena, la Société Générale, DEXIA, la sidérurgie wallonne ou des délocalisations est en train de mener le pays au rang des pays du Tiers-Monde. Les questions qui se posent consistent à comprendre comment des responsables de telles faillites continuent à bénéficier de la confiance du citoyen dans la gestion de ses affaires. Pourquoi au lieu de demander des comptes aux responsables des navires ayant sombré pour raisons d’erreurs ou d’incompétences humaines, on continue à les honorer en les arrosant de parachutes dorés et d’indemnités de départ de plusieurs centaines de milliers d’euros ?

La communautarisation et la ghettoïsation de notre pays


Si la liste des défaillances à caractère économique, au passif de notre classe poliique, est encore longue, il est regrettable de constater que les souffrances de notre pays ne sont pas uniquement d’ordre économique. Le volet communautaire ayant paralysé le pays durant plus de 18 mois et ayant conduit à sa fragilisation aux yeux des investisseurs montre une fois de plus les erreurs graves commises durant des décennies de pouvoir.

Ce n’est que maintenant qu’on commence à se confesser que la communautarisation était une erreur, que la frontière linguistique était mal négociée, que « la Wallonie doit prendre son sort en main », entre autres reconnaissances !

Il est par ailleurs difficile de savoir si ces défaillances de gestion sont l’œuvre d’incompétences graves ou de volonté délibérée d’éclatement du pays. Comme si le problème communautaire wallons-flamands manque de gravité, nos politiciens cherchent à ajouter une couche au terreau de la mésentente entre les différentes communautés. La marginalisation d’une communauté de plus de 6% de la population pour les valeurs et la culture qu’elle porte, concrétisée dans la discrimination tous azimuts de ses sujets, essentiellement les femmes pour leur habillement, ne pourrait que mettre de l’eau dans le moulin des ennemis de la Belgique unie.

Le refus du multiculturalisme de la part de la plupart des partis politiques, surtout ceux qui flirtent avec l’extrême droite et ils sont nombreux, à une époque où, grâce à la science et à la technologie, le monde entier devient un village, témoigne de la vision rétrograde et biscornue d’une classe politique en perte de valeurs. Que ceux-là mêmes qui excluent une partie de leur population du bénéfice de leur droit à l’instruction, de leur droit au travail ou de tout autre droit garanti par la Constitution, se permettent de donner des leçons en matière de respect des droits de l’homme ou du droit des minorités aux autres, ceci ne pourrait que refléter une certaine forme d’indécence à laquelle ils se sont habitués et qui ne leur suscite plus aucune gêne.

L’engagement est un devoir


Face à cette situation alarmante de la dégradation continuelle de la qualité de vie dans notre pays et de la spoliation des droits de ses citoyens, il n’est pas permis de rester indifférent ou d’occuper une position de spectateur. Ceci est un luxe qu’on ne pourrait s’offrir qu’en cas de prospérité. Dans le cas contraire, chacun devrait s’investir afin de porter secours au pays et aux citoyens.

Ainsi, toute manifestation de manque d’intérêt à la politique, dans les conditions actuelles, pourrait être vue comme une fuite de responsabilité à un moment où le pays a le plus besoin de ses forces vives. L’engagement actif et concret dans la politique, chacun selon ses moyens et compétences nous paraît comme un devoir. Tout citoyen doit apporter sa contribution à la construction du pays.

La Mouvement Pour l’Education (MPE), malgré ses moyens, essaie de rester près des citoyens et de défendre leurs droits. Quant à sa participation aux prochaines élections, elle n’est pas encore arrêtée. Tout dépendra des résultats de la consultation de sa base qui décidera si oui ou non elle est prête à s’investir dans un combat qui ne pourrait être que productif.
Auteur : M. Guermit
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