La démocratie belge en péril              
Publié le: 04-03-2012  
Au moment où le peuple belge pensait que notre pays sortant tout juste d’une période de turbulence et de tourment de plus de 540 jours, allait finalement reprendre son chemin vers les réformes qui devraient lui assurer la stabilité politique et le renouement avec la reprise économique, nous voilà de nouveau replongé dans le communautarisme- paraît-il cher à nos élus. L’euphorie de la fin de l’année 2011, née du dénouement de la crise de BHV et de la constitution du gouvernement DiRupo 1, n’a pas tardé à céder la place au scepticisme traditionnel, notamment avec la découverte du trou budgétaire à combler et les cures d’amaigrissement drastiques que réservait ce nouveau gouvernement aux citoyens.


A cela, vient s’ajouter durant la fin de la semaine écoulée un autre fait consternant: le communautarisme anti-musulman, dévoilé par l’affaire du cdh à Verviers et la suppression de ses listes de la candidate Layla Azzouzi pour la seule raison du port du foulard ainsi que du candidat Hajib El-Hajjaji pour avoir exprimé publiquement son soutien à la candidate évincée, un acte antidémocratique grave. Dans les 2 cas, la violation de la Constitution du pays est flagrante. La liberté de culte et la liberté de l’exercice de ses pratiques tant en public qu’en privé dans le premier cas, ensuite la liberté d’expression dans le second, n’ont apparemment suscité aucun soucis.

Après avoir échappé de justesse à un éclatement dévastateur et au moment où il est en train de passer par une crise économique sans précédent faisant fuir les investisseurs et obligeant les citoyens à se serrer la ceinture chaque jour d’un cran, le pays ne pourrait s’offrir un luxe qu’il ne peut plus se payer. Il doit se chercher des politiques et des personnes compétentes capables de rassembler et non de diviser, capables d’assurer le bien-être économique à sa population et capables d’apporter à cette dernière un minimum d’assurance pour son avenir auquel elle ne croit plus.

Durant cette dernière crise gouvernementale, particulièrement longue et battant tous les records, presque plus personne ne croyait à la survie de notre petit royaume gangréné par le communautarisme séparatiste instauré par la même classe politique qui continue à détenir ou à manipuler, dans les coulisses, les rennes de la danse.

Ce qui nous paraît surprenant dans l’affaire c’est que malgré les fautes, ne disons pas erreurs, graves de la communautarisation, de la régionalisation et de l’établissement d’une frontière linguistique, commises par les partis-dits traditionnels- qui s’étaient succédés les uns aux autres au pouvoir, durant la seconde moitié du siècle dernier, ces derniers, ne paraissent pas avoir tiré les leçons des défaites et des revers de leur politique moribonde ayant entrainé le pays et ses habitants au bord du gouffre.

La chasse aux sorcières ne saurait en aucun cas occulter les innombrables et interminables scandales tant politiques que financiers et sociaux ayant éclaboussé notre démocratie durant les dernières décennies et ayant précipité le séparatisme flamand à la paralysie des instances du pays. La nécessité d’une réforme en profondeur du système politique de notre pays s’impose.

Le Mouvement Pour l’Education condamne avec la plus grande fermeté et sans réserve la politique sectaire que beaucoup de partis politiques pratiquent à l’encontre de la communauté musulmane, minorité certes de la population du pays mais significative, pour l’exclure des différents secteurs de la vie sociale et économique. Porter un foulard sur la tête ou défendre le droit de celle qui a choisi, délibérément, de le porter ne pourraient constituer des motifs valables pour marginaliser de force toute une communauté. Son exclusion de l’instruction, du marché du travail et de la politique ne pourrait que l’amener, bon gré mal gré, à créer ses propres institutions qui pourraient lui redonner confiance et crédibilité.

Une société ne pourrait se développer et s’émanciper qu’avec l’effort coordonné de tous ses sujets. Personne n’ignore l’adage « l’union fait la force ». Œuvrons tous à son maintien vivant et d’actualité en rejetant toute forme d’intolérance quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vient !




Auteur : M. Guermit
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